Théâtre conférence

LA CONVIVIALITÉ

Compagnie Chantal et Bernadette

Une approche pop et iconoclaste de l’invariabilité du participe passé des verbes qui utilisent l’auxiliaire avoir en fonction de la position du complément dans la phrase.

Un moine copiste, des saucisses, un tatouage, un hibou, Albert Einstein et la pataphysique. Un dogme intime et lié à l’enfance. Un dogme public, qui détermine un rapport collectif à la culture et à la tradition. Outil technique qu’on déguise en objet de prestige, on va jusqu’à appeler ses absurdités des subtilités. Passion pour les uns, chemin de croix pour les autres, il est sacré pour tous. Et pourtant, il ne s’agit peut-être que d’un énorme malentendu. Tout le monde a un avis sur la question.



POURQUOI POP ?

C'est pop, parce que c'est populaire, par essence. Tout le monde possède une orthographe et chacun a un avis et un vécu à ce sujet. C'est un de ces objets intimes qui font partie du quotidien. C'est pop, parce que cela ouvre des perspectives et prend le contrepied d'un sujet confisqué et trop souvent abandonné à une pensée élitiste ou académique. Il s'agit d'un exercice de pop linguistique. C'est pop, parce que c'est décontracté.

POURQUOI ICONOCLASTE ?

C’est iconoclaste parce que l'orthographe française est un dogme. Elle n'est pas susceptible d’être remise en question. Or, la liste de ses absurdités est longue. C’est iconoclaste, parce que nous proposons au public d’interroger ensemble et en profondeur les règles de l’écriture de la langue et leurs conséquences sur la construction de nos identités sociales. C’est iconoclaste, parce que cela met en question des mécanismes inculqués depuis notre plus tendre enfance. Quand un outil n’est plus au service de l’homme, mais que c’est l’homme qui est au service de l’outil, il a alors dépassé ce que le philosophe de la technique Ivan Ilitch appelle son seuil de la convivialité.

HISTORIQUE DU PROJET

Co-mise en scène Arnaud Pirault, Clément Thirion, Dominique Bréda
Création vidéo et régie création Kévin Matagne
Direction technique tournée Gaspard Samyn
Conseiller technique Nicolas Callandt
Conseiller artistique Antoine Defoort
Assistante à la mise en scène (stage) Anaïs Maoray
Développement, production, diffusion Habemus Papam
Cora-Line Lefèvre et Julien Sigard
Une création de Chantal & Bernadette
En coproduction avec le Théâtre National/Bruxelles et L’ANCRE/Charleroi
Avec le soutien du Théâtre La Cité/Marseille, de La Bellone/Bruxelles et de la compagnie La Zouze/Marseille
Avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles (service du théâtre)

HISTORIQUE DU PROJET

« Nous avons été profs de français. Sommés de nous offusquer des fautes d'orthographe, nous avons été pris pour les curés de la langue. Pourtant, nos études de linguistique nous ont appris que la norme orthographique française est très souvent arbitraire et pleine d'absurdités. Nous avons tenté de le dire. Nous avons alors été confrontés à l'impossibilité généralisée de nous faire entendre. Nous avons progressivement pris conscience des enjeux politiques et sociaux cachés derrière ces questions linguistiques. Après avoir partagé ce constat avec le metteur en scène Arnaud Pirault (fondateur du collectif Groupenfonction/Tours), nous avons décidé de créer un spectacle. Durant plus d'un an, nous nous sommes replongés dans des ouvrages théoriques, nous avons recueilli des témoignages et rencontré des linguistes et des pédagogues. Une fois le travail d'écriture achevé, nous sommes épaulés par Laurent Courtens, programmateur en charge du centre de la parole à l'I.S.E.L.P. (Institut supérieur pour l’étude du langage plastique/ Bruxelles) et par le bureau de développement, de production et de diffusion de projets artistiques Habemus Papam (Cora-Line Lefèvre et Julien Sigard/Bruxelles). Christophe Haleb (Compagnie La Zouze/Marseille) nous propose également une résidence à la Friche La Belle de Mai en octobre 2014, afin d'entamer la concrétisation de la mise en forme théâtrale de notre propos. Nous sommes alors rejoints par l'artiste graphique Kévin Matagne qui réalise avec nous les accessoires, les projections et prend en charge la dimension esthétique du spectacle."


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