Théâtre visuel & marionnettes

BoOm

Par la Compagnie Entre eux deux rives





    Mercredi 08 Janvier

    9h45 et 11h00

    Salle Polyvalente

    Mardi 07 Janvier - 9h00, 10h30 et 14h00 Séance scolaire





Mais qui est donc ce drôle de personnage, avec sa tête de cube ? Ses deux grands yeux bien ouverts, il va découvrir l’univers qui l’entoure et se mettre à jouer. Au cœur de ce jeu de construction grandeur nature, les cubes l’entourent, il y en a partout, du plus grand au plus petit, qui apparaissent ou disparaissent, roulent, s’envolent même parfois… C’est un moment hors du temps que propose la compagnie Entre deux rives dans ce cocon fait de bois et de voilages, une rêverie où l’imaginaire est roi. Avec le cube, forme familière des premiers jeux, la marionnettiste Cécile Doutey explore les notions d’équilibre, de chute, d’instabilité. En de fragiles empilements ou par des constructions plus solides, les tout-petits expérimentent la pesanteur de leur corps, mais aussi le délicat apprentissage du réel qui les entoure. Heureusement, tout est possible grâce à l’imagination et à la poésie !



La compagnie

Née en 2006, la compagnie Entre eux deux rives est installée à Cusset, en Auvergne. Elle est dirigée par Claire Petit et Sylvain Desplagnes : « Nos spectacles sont écrits autour du détail, de l'invisible, dans le désir de percevoir ce qu'il y a sous la coquille du monde. Nous pensons que les spectacles peuvent agir comme une loupe sur notre monde et nous permettre ainsi de mieux l'appréhender. Nous privilégions une écriture de plateau où le sensible et l'émotion ont une place centrale. Nous voulons détourner, montrer autrement, redécouvrir ce qui nous entoure. Nos spectacles à destination du jeune public ne sont jamais didactiques ou explicatifs ; nous cherchons plutôt une parole de l'évocation qui permette à chacun d'y glisser ses pensées... »

La compagnie a créé cinq spectacles depuis 2007. Les deux derniers sont « En piste !... » en 2011 et « Dans ma tête » en 2015.

L’équipe

Claire Petit, Comédienne, metteuse en scène et auteure Formée à la faculté d’Aix-en-Provence puis au Conservatoire de Marseille, elle passera également par l’école Jacques Lecoq afin de creuser un travail autour du corps et du mouvement. Elle travaille d’abord comme interprète, notamment avec la compagnie l’Entreprise-François Cervantes à Marseille. Puis très vite, naît le désir d’écriture et elle crée la compagnie Entre eux deux rives en 2006. Le spectacle « Grenadine » marquera le début de sa recherche autour du langage clownesque.

Sylvain Desplagnes, metteur en scène et scénographe Il est avant tout plasticien; formé à l’école des Beaux Arts de Saint Etienne il s’intéresse à différent langages plastiques (sculpture, peinture) jusqu’à ce qu’il rencontre le théâtre lors d’une formation à la Criée-Scène nationale de Marseille en1991 avec Jean Pierre Raphaëlli. Il commence alors à travailler sur la notion d’espace scénographique. Il a d’abord signé des décors et créations lumières pour différentes compagnies: Procédé Zèbre, Euphoric mouvance ou encore Sortie de route. Puis il développe une écriture scénique aux côté de Claire Petit avec qui il co-dirige aujourd’hui la compagnie Entre eux deux rives.

Cécile Vitrant, Comedienne-marionnetiste En parallèle de l'école Jacques Lecoq où elle travaille le jeu corporel, elle apprend la manipulation des marionnettes au Théâtre aux Mains Nues et à La Nef. Par la suite, la majorité des projets auxquels elle participe mêlent acteur et marionnette ; elle joue avec le Théâtre de Romette, Anima Théâtre ou encore la Compagnie du Pont Volant. Elle signe sa première mise en scène avec Le Long de la Grand-route en 2014. En septembre 2014, elle rejoint l'équipe de comédiens du Fracas - CDN de Montluçon sous la direction de Johanny Bert.

Virginie Gaillard, comédienne-marionnettiste Elle commence en jouant des auteurs contemporains, notamment avec le Théâtre de l'Ephémère (72). En 1999 elle découvre les arts de la marionnette et collabore 5 ans avec la Cie Garin Trousseboeuf (44). Cette découverte n'aura de cesse d'enrichir sa pratique de comédienne et vice-versa. Elle joue régulièrement avec la compagnie Arnica ou encore Anima théâtre.

Pièce visuelle pour une interprète et 72 cubes

Il faut plusieurs années à l’enfant pour qu’il acquière une totale conscience de son schéma corporel. Nous nous intéressons ici à cette vision morcelée du corps qui est caractéristique chez le jeune enfant. Dans le spectacle le corps apparaît par bribes; une main, un pied, un bout de peau, deux yeux... Dans cette évocation, comme dans un jeu de construction, toutes les combinaisons sont alors possibles, jusqu’à ce qu'apparaisse devant nous ce corps qui se dresse, fragile, debout. Un personnage à tête de cube, à la fois semblable et étranger, comme pour mieux questionner le corps, cette maison intime dans laquelle nous habitons. Nous avons cherché avec l’interprète un vocabulaire physique, gestuel, pour raconter cette construction originelle. Cette recherche s’est faite de manière chorégraphique autour d’un cube central, dans un jeu d’apparitions/disparitions. A plusieurs reprises dans le spectacle nous jouons avec cette image du corps , décalée parfois grâce au travail marionnettique qui permet d’aller au delà des possibilités physiques réelles.

Une fois ce personnage éclos, là, devant nous, arrive le jeu. Un cube, puis deux, puis trois… A travers l’ élément du cube, très présent dans l’univers du tout petit, nous explorons les notions d’instabilité, de fragilité, mais aussi d’apparition/disparition. L’enfant, lorsqu'il s'éveille à sa vie de "bipède", subit la pesanteur par la chute sans cesse répétée. Il s'aperçoit aussi que les objets tombent inévitablement, qu'ils lui résistent, qu'ils mettent à mal son imaginaire en refusant de se plier à ses désirs. Face aux éléments l'enfant joue, échoue, essaie encore, invente, cherche et apprivoise la réalité du monde qui l'entoure. Pour le jeune enfant tout est encore possible; là où l’adulte abandonne l’enfant ne cesse d’inventer, d’imaginer, de défier le réel. C'est dans cette capacité du tout petit à penser le monde sans aucune limite que le spectacle prend sa source

BoOm/ La proposition scénographique

Il nous est vite apparu fondamental de penser la scénographie à l'échelle du tout petit. Nous voulions que l'enfant entre dans un espace qui lui soit destiné, et que ce soit à l'adulte qui l'accompagne de s'adapter. C'est pourquoi les spectateurs entrent dans un espace réduit, intime. Cet espace composé de voilages est une invitation à un temps suspendu, coupé des sollicitations extérieures. A l'intérieur des petits bancs pour s’assoir et un gros cube posé là, qu’on regarde et qui va bientôt se mettre en vie. Puis d’autres cubes apparaissent, disparaissent, tombent ou s’envolent… Pendant le spectacle un manipulateur au plateau permet de créer des apparitions et des interactions avec la comédienne dans son dialogue avec les objets. La lumière a une place importante, travaillée comme une matière organique et émotionnelle.

Sens et sensitif/ L’avant et l’après spectacle

Nous savons qu'avant l'âge de 5 ans l'enfant est doté d'une incroyable mémoire plastique et qu'il est très attentif à son environnement. Il a besoin de passer par l’expérimentation physique. Nous avons choisi de proposer, avant le spectacle, un temps où chaque enfant peut manipuler les cubes en bois, objets qu’il retrouvera dans le spectacle. Ce temps de jeu permet de se familiariser avec le sujet ; il est vécu de manière collective et collaborative puisque nous invitons les enfants à s’installer sur des moquettes où des centaines de cubes les attendent. A la fin du spectacle chaque enfant repart avec un cube rouge, petite trace de ce moment partagé qu’il ramène dans son univers, dans son quotidien…

BoOm/ Le traitement artistique

Le spectacle est interprété par une marionnettiste, accompagnée d’un manipulateur. Il y a toujours eu dans nos spectacles un lien avec l’objet, la matière, et le désir de croiser notre recherche avec la marionnette était présent depuis plusieurs années. « BoOm » nous est apparu être le projet pertinent pour entamer cette collaboration, qui vient enrichir la recherche que nous menons depuis dix ans. Le spectacle est construit autour de ce personnage à tête de cube, avec lequel nous jouons sur les échelles puisque nous le retrouvons soit à taille humaine soit en miniature, en utilisant la marionnette à gaine. Cet aller/retour nous permet de changer d’espace et de créer des évocations poétiques. L'écriture du spectacle s’est faite principalement sur le plateau. Dans ce spectacle le texte n’est pas présent, comme pour mieux laisser la place à un langage visuel, sonore et sensitif…